• la coutume au Vanuatu: authentique et essentielle

     

    Une des choses qui frappent lorsque l'on arrive pour la 1ère fois au Vanuatu, outre la gentillesse de ses habitants, c'est l'importance qu'ils portent aux coutumes ou plutôt à la coutume comme ils disent. Cela s'explique surement par la jeunesse du pays et son besoin de puiser dans ses racines pour une identité commune, et leur rapport à la nature, très sain. Un petit détour dans le passé s'impose donc une nouvelle fois!

        

    La société mélanésienne a été, tout au long du XIX ème siècle, fortement déstabilisée par le choc des cultures. Le trafic de main d'oeuvre, appelé le "blackbirding", et la colonisation de l'archipel mais aussi l'évangélisation du Vanuatu ont profondément bouleversé les sociétés traditionnelles et détruit peu à peu l'ordre traditionnel. En effet, les missionnaires s'étaient fixés comme but de redonner une âme au peuple nivanuatais par une reconstruction autour d'une identité religieuse. L'ensemble des coutumes devait être ainsi combattu. A leurs yeux, l'ordre traditionnel, païens, devait laisser sa place à l'ordre chrétien. Les lieux et les sites mélanésiens, chargés de sens et de symboles, ont été ainsi abandonnés, condamnant de nombreuses croyances et de rites traditionnels (danses et chants) à disparaitre.  

    Les missionnaires et les colons étaient convaincus d'avoir fait disparaitre ces coutumes de la société mélanésienne. Mais face à ce processus d'acculturation, les habitants n'ont pas subi passivement ce contact colonial et ces bouleversements socaiux, politiques et culturels qu'il impliquait. Cette identité nivate ne demandait qu'a réapparaitre. Cette occasion leur a été donnée par l'indépendance. En effet, elle a été accomplie notamment pour des problemes de terres et donc de coutume. Comme souvent dans de telles circonstances, pour se créer une identité culturelle, un retour aux racines s'est imposé.  

      

    La coutume est ainsi encore très vivace et ancrée dans le temps actuel. Les Ni-vanuatais sont très fiers de leur identité et de leur racine. C'est pourquoi on peut trouver des illustrations de cette coutume dans de nombreux domaines, y compris là où on l'attend pas forcément.
    Les danses rituelles, parfois initiatiques, sont nombreuses: presqu'autant que d'îles et d'occasions possibles. Les costumes de meme: jeu de couleurs, jeux de matières, masques, colliers, maquillage,... un veritable arc en ciel et un plaisir de yeux.
    La danse la plus impressionnante est la danse du Rom ( rien a voir avec les évènements actuels en France. Ceci n'est qu'une coincidence!). Cette danse se passe tous les ans au Nord d'Ambrym et est suivie d'une tuerie de cochons. Elle est secrète et réservée aux hommes. Les masques qui sont fabriqués à cette occasion sont magnifiques. Les costumes ayant servi à la danse sont immédiatement détruits pour que les esprits ne puissent pas hanter les danseurs.
    Sur l'île Mallicolo (Malekula), les hommes dansent en portant sur la tête des masques faits de terre pétrie autour d'une armature de racines de fougères arborescentes. Au bruit de leurs clochettes fabriquées à partir de noix et qu'ils attachent à leurs chevilles, ils célèbrent les principaux événements coutumiers : les naissances, les circoncisions, les passages de grades et les rites funéraires.
    Sur l'île de Gaua, les femmes exécutent la « water music », musique de percussion réalisée par des mouvements et des battements de mains à la surface de l'eau d'un bassin d'une rivière ou dans la mer.

    Sur les iles Banks, c'est la célèbre danse des serpents, "the snake dance", qu'il faut absolument voir. 

         
    Mais parler de coutumes ce n'est pas seulement parler de danses et de chants. Les légendes sont omi-présentes avec les contes traditionnels aussi, expliquants les "tabous" et les règles, les événements phares du passé.
    Mais on y retrouve aussi l'art culinaire (avec la cuisine traditionnelle du laplap: pierres chaudes formant un four recouvrant des feuilles de laplap à l'intérieur desquels la nourriture, souvent du coco et de la viande, cuit a l'étouffée), la musique, la scupture également, notamment avec les tambours d'ambrym.
            
    D'autres spécificités locales: la magie, noire (principalement sur l'ile d'ambrym connu pour lancer des "boucans" et empoisonner ses ennemis, notamment avec le datura, fleur superbe mais tres dangereuse)
     
    Au vanuatu il existe un art éphémère qui fait partie intégrante du patrimoine immatériel de l'UNESCO: il s'agit du dessin sur sable. 
    Ce sont des oeuvres fugaces, une expression artistique de forme graphique. Ces compositions, souvent harmonieuses et géométriques, issues d'une tradition originale et complexe, sont exécutées par des spécialistes initiés. Il s'agit également de moyen de communication entre les membres des différents groupes linguistiques vivant dans le nord de l’archipel du Vanuatu. C'était un moyen mnémotechnique pour transmettre des rituels, des connaissances mythologiques, des informations orales sur l'histoire locale, les techniques agricoles, l'artisanat ou encore la chorégraphie. Ces dessins transmettaient un vaste savoir sur l’histoire locale, les rituels autochtones, les systèmes de parenté, les phénomènes naturels et les techniques agricoles. 

     


  • Commentaires

    1
    thuha
    Lundi 2 Avril 2012 à 04:18
    la coutume
    les trois piliers de la coutume sont:le respect,la crainte et l'obéissance
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