• l'independance du vanuatu

     

    L'Indépendance du Vanuatu se fit avec peu de préparation. L'évolution de l'agriculture vers toujours plus de surface cultivable fût le 2ème moteur d'insatisfaction des Ni-Vanuatu. Les autochtones n'étaient culturellement pas favorable du tout au droit de propriété privé occidental, et le tolérait jusqu'à présent. Mais les premières idées d'indépendance vinrent après le retrait des troupes américaines, le retour à la gouvernance franco-britanique étant moins apprécié. 

    drapeau vanuatu      

     

    Dans son histoire, l'archipel des Nouvelles-Hebrides fût visité par plusieurs explorateurs: des portugais mais surtout des français et britaniques. Les explorateurs français et britaniques amenèrent avec eux des colons et des missionnaires fanatiques. Le condominium: d'un côté les intérêts économiques français et les curés, de l'autre les interets de la reine et les pasteurs. A tour de rôle, chacun demanda plus de protection pour le commerce du Santal ou la protection des nouvelles âmes sauvées. Il semblerait que ce soit les habitant français de Tanesse qui firent la première demande officielle, suivit dès l'année suivante par les planteurs anglicans d'Efate. Chacun y alla de ses atouts pour tenter de maîtriser l'archipel : achat des terres par les français, contrôle politique et religieux par les presbytériens de sa majesté.

    La terre, pour les Néo-Hébridais, n'était pas une chose que l'on pouvait posséder. Et donc, elle ne pouvait pas être vendue. Cette certitude, portée de génération en génération, était à la base de la tradition bien avant la naissance de Jesus Christ. On pouvait la donner, ou vendre son usage, mais on ne pouvait commercialiser la terre elle-même. Cependant, les Européens avaient une idée toute différente.

    Dans le milieu des années 1960, les Européens réclamèrent des droits de propriété sur près de 30 % des terres du pays. Dans certains endroits d'Espiritu Santo, ils exigèrent ainsi plus de terrains qu'il n'en existait réellement, à moins que ces territoires continuent sous la surface de l'océan. Les colons, pour la plupart, avaient fait nettoyer la brousse pour planter des cocotiers, le copra étant le pilier de l'économie depuis longtemps. Mais quand le prix du copra commença à chuter, les planteurs cherchèrent une autre source de revenus. Dans l'idée d'élever du bétail, ils entreprirent de défricher la forêt proche de leurs propriétés.

    Ceci poussa les villageois d'Espiritu Santo et Malekula à protester, car leurs terres traditionnelles étaient menacées par ce défrichage. Les protestations allèrent augmentant et un ressentiment naturel vit le jour vers la fin de la 2e Guerre mondiale, ce qui entraina la formation de partis politiques. L'un d'entre eux, le mouvement du Nagriamel respectant la coutume était téléguidé par les Français. Mené par le charismatique Jimmy Stevens, son but était de protéger les terres traditionnelles mélanésiennes. D'un autre coté, en 1971, quand Stevens déposa une pétition auprès de l'ONU pour une indépendance de l'archipel, le pasteur anglican Father Walter Lini forma le Vanua'aku Paty, soutenu par les anglophones.

       

    Comme le pays devenait politisé, les anglicans (en minorité) rejoignirent le Vanua'aku Paty, pendant que les francophones (la majorité) se séparaient. De nombreux métis et Mélanésiens francophones se considéraient eux-mêmes plus français que mélanésiens et s'opposèrent catégoriquement aux Anglais déclarant qu'ils visaient l'indépendance. Certains souhaitaient que le Condominium demeure, alors que d'autres voulaient simplement mettre les Anglais dehors et que la France prenne possession de l’archipel entier. Cette division entre les francophones ajoutée à la confusion créée par Jimmy Stevens poussa pour l'autonomie d'Espiritu Santo (avec Tanna et Malekula suivant le pas) fut le cadre dans lequel se déroulèrent les premières élections générales.

    Après suffisamment de querelles et accusations pour remplir plusieurs volumes, en novembre 1979, le parti Vanua'aku de Father Walter Lini (photo ci-dessus) fut le gagnant, mais cela ne signifiait pas être accepté par tous: l'archipel est composé de plus de 80 îles et compte avec plus de 113 langages. C'est un des pays des plus divers culturellement parlant sur la terre. Les tentatives de gouverner ont donné plus d'ennuis au Condominium qu'on ne peut l'imaginer. Avec virtuellement aucune préparation pour l'indépendance sous la loi franco-britannique, Father Walter Lini eu des jours difficiles devant lui.

    Les Français étaient réputés pour être possessifs envers leurs colonies, mais malgré leurs objections, l'indépendance fut programmée pour le milieu de l'année 1980. Cependant en mai de cette année là, à peine quelques semaines avant que la loi du Condominium ne prenne fin, une insurrection démarra à Tanna et sépara la population de l'île en deux. Une faction soutenait le nouveau gouvernement alors que l'autre appuyait les Français. À Espiritu Santo, Jimmy Stevens sauta sur l'occasion pour bloquer l'aéroport, chassa la police de son poste et déclara l'île indépendante de la future nation du Vanuatu, et finalement hissa le drapeau de la nation indépendante du Venerama.

    Face à toujours plus de troubles, le gouvernement du Père Walter Lini du faire appel à la flotte de la Papouasie Nouvelle Guinée, qui vint mouiller notamment à Santo. En effet la France choisit à l'époque la neutralité, en refusant aussi d'autoriser une intervention des troupes anglaises, à quelques jours de l'officialisation de l'indépendance et de la réelle entrée au pouvoir de Walter Lini. La France ne laissa pas intervenir les troupes britanniques et les forces françaises ne levèrent pas un doigt. En effet, la France choisit à l'époque la neutralité, en refusant aussi d'autoriser une intervention des troupes anglaises, à quelques jours de l'officialisation de l'indépendance et de la réelle entrée au pouvoir de Walter Lini. Ce que le monde nomma, la Guerre des Noix de coco. Les hommes de Jimmy Stevens armés de simples arcs et de flèches étaient sur le point de faire chanter la future nation.  Father Walter Lini ne reçut virtuellement aucune aide du pouvoir colonial existant, à part des marques de sympathie verbales et l'assurance que tout serait pris en charge. Comme le jour de l'indépendance approchait, Lini se trouvait clairement dans une impasse. Officiellement il ne pouvait rien faire, car le pays n'était pas encore sous sa gouverne. Face à toujours plus de troubles, le gouvernement du Père Walter Lini du faire appel à la flotte de la Papouasie Nouvelle Guinée, politiquement et racialement neutres, qui vint mouiller notamment à Santo. Il existe de nombreux documents et traités politiques qui se penchent sur la Guerre des Noix de Coco. Bien que ce ne soit pas une situation amusante pour un pays mal préparé se battant pour une naissance difficile, les évènements de l'époque sont peut-être plus compréhensibles à la lumière de l'histoire coloniale récente et la culture mélanésienne. 

    Ce fut une guerre étrange, de mots et de doubles discours diplomatiques, d'arcs et de flèches et de haussements d'épaules francophones. Le retour au calme se fit dans le sang avec la mort du fils du scécéssioniste Jimmy Stevens, tué par balle alors qu'il était assis à l'avant d'un camion qui passait à travers un barrage routier des troupes papoues. Suivant sa propre déclaration comme quoi personne ne devait être blessé, Stevens se rendit et fut arrêté. Les documents indiquent clairement que l'administration française joua un double jeu. Alors qu'officiellement elle soutenait Lini comme le représentant dûment élu du peuple du Vanuatu, elle avait d'autre part secrètement soutenu les citoyens ayant fait sécession et Jimmy Stevens.

     

    À minuit le 30 juin 1980, les drapeaux français et anglais furent descendus pour la dernière fois, dans les larmes et les bravos et le drapeau de la République du Vanuatu fut hissé à son tour pour célébrer la naissance d'une nouvelle nation, finalement libérée du joug colonial.a grande majorité des français rentrèrent alors au pays. Ils furent compensés de la perte de leurs propriétés par le gouvernement français et la propriété de la terre revint entièrement aux ni Vanuatu avec des baux terriens à long terme de l'ordre de 60 ans environ. Le nouveau gouvernement vanuatais ne voulant même plus d'ambassadeur de France pendant quelques années, pour tenter de marquer son autorité ! Etonnant pour un pays qui adhéra en décembre 1979 à la Francophonie, tout en devenant aussi membre du Commonwealth.

     


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